La démocratie

La démocratie

La démocratie, au sens du grec ancien, est un régime politique dans lequel le peuple est souverain. La démocratie est ainsi comprise comme le pouvoir du peuple où chacun possède une chance égale de participer au processus de décision politique.
Plus généralement, quand on parle de démocratie, on commence par distinguer les démocraties « directes » et « indirectes » ou « représentatives ». Dans la démocratie directe, le peuple se gouverne effectivement lui-même, c’est-à-dire que chacun a le droit de participer à la prise de décision, tandis que dans l’autre, indirecte, au contraire, la seule décision que chacun a le droit de prendre, c’est de choisir ses décideurs.
C’est dans les cités de l’antiquité grecque et plus particulièrement à Athènes, qu’on retrouve le meilleur exemple d’un Etat d’importance significative qui ait été gouverné selon la démocratie directe. Cette forme de gouvernement, introduite par Clisthène en 508 av. J.C., fut abolie par les Macédoniens quand ils conquirent Athènes en 322 av. J.C.
Ce qui caractérisait le plus cette démocratie athénienne est ce qui a trait aux membres des organes gouvernants. Leur mandat était limité à un an non renouvelable. Ils étaient tenus à rendre compte au terme de leur charge et étaient révocable à tout moment. Leurs pouvoirs étaient limités à des fonctions très précises assurées à plusieurs.
Le tirage au sort (parmi tous les citoyens) donnait une égale probabilité à tous d’accéder aux fonctions de l’Etat, à l’exception de celles qui requéraient des compétences spécifiques telles que général d’armée, de trésorier ou d’architecte. De même, tous les citoyens, riches ou pauvres, avait un droit égal de prendre la parole à l’Assemblée du peuple et faire des proposition de lois, des décrets ou des poursuites judiciaires.
La combinaison de la rotation des charges et du tirage au sort procédait d’une profonde défiance à l’égard du professionnalisme. Le principe cardinal de cette démocratie n’était pas que le peuple devait être à la fois gouverné et gouvernant, mais que tout citoyen devait pouvoir occuper tour à tour l’une et l’autre position.

Les démocraties contemporaines sont quant à elles issues d’une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient clairement à la démocratie. L’usage nomme « démocraties représentatives » les régimes démocratiques actuels qui se sont progressivement imposés en Occident à la suite des trois révolutions anglaise, américaine et française du 17e et 18e siècle. Ces institutions n’ont nullement été perçues, à leurs débuts, comme une variété de la démocratie ou une forme du gouvernement par le peuple. Leurs fondateurs étaient conscients que la répartition des fonctions publiques n’était peut-être pas la plus égalitaire possible, car pour eux, l’important était avant tout que les élus soient d’un rang social plus élevé que leurs électeurs, qu’ils se situent plus haut que ceux dont ils tenaient leur pouvoir dans l’échelle de la fortune, du talent et de la vertu.
Mais ce qui est encore plus marquant, c’est qu’aucun des régimes représentatifs établis depuis plus de deux siècles n’a attribué par le sort la moindre parcelle de pouvoir politique à quelque niveau que ce soit. La représentation a toujours été liée à la procédure élective, mais jamais avec le tirage au sort.
Cela montre ainsi que la différence entre le système représentatif et la démocratie directe tient au mode de sélection des organes gouvernants plutôt qu’au nombre limité de leurs membres. Ce qui définit la représentation, ce n’est pas qu’un petit nombre d’individus gouvernent à la place du peuple, mais qu’ils soient désignés par élection exclusivement.