Lien social

Lien social

« Plus répandu encore que l’éloignement entre les personnes est le désir de rompre cet éloignement » T. Adorno

De façon générale, le lien social désigne l’ensemble des relations, appartenances et affiliations qui unissent les individus ou les groupes sociaux au départ de règles de comportement communément partagées.

Il se fonde sur un besoin d’échange, de protection, de reconnaissance et d’auto-estime, et constitue le tissu social qui enveloppe l’individu. Celui-ci devient ce qu’il est non par le seul résultat du cheminement interne solitaire, mais aussi par les apports et les échanges avec tous ceux qui l’entourent.

Plus spécifiquement, le lien social représente la force qui noue entre eux les membres d’une communauté. Ce lien peut être vécu de manière active ou passive et être d’une intensité qui varie d’un individu à l’autre et suivant l’importance relative que la société lui accorde.

Il crée entre les individus des rapports à différents niveaux qui dépassent leur propre intérêt et tissent entre eux des relations faites d’empathie et de compassion qui accroîssent la solidarité et la cohésion sociale. Par extension, il crée aussi des droits et devoirs librement acceptés et contribue au bien être général tout en favorisant le développement potentiel de chacun en tant qu’individu singulier en lien avec sa communauté.

Ce lien a par ailleurs des dimensions éminemment psychologique, existentielle et culturelle car il est le produit d’une histoire personnelle et collective qui peut se construire et se déconstruire avec le temps.

Le lien social vise à renforcer les mécanismes d’échanges et de solidarité entre les membres d’une société. Il a aussi pour but de favoriser le plaisir des rencontres et l’implication des personnes dans tous les espaces de vie et les réseaux sociaux.

Renforcer ou renouer le lien social revient à consolider chacune de ses caractéristiques de façon à ce qu’elles s’entrecroisent l’une l’autre, raffermissent leur cohérence globale et encouragent ainsi la convivialité au sein de la société.

Il ne peut exister de société humaine sans solidarité entre ses membres. Néanmoins, les réflexes égocentriques restent toujours omniprésents quand ils accordent une priorité exclusive à soi sur toute autre personne ou considération.

En même temps, toute personne porte en lui un besoin, voire même une nécessité de communiquer et de s’intégrer dans une relation communautaire et empathique avec autrui, avec « les nôtres », la famille, les amis, les collègues, la nation.

Il n’est pas aisé de trouver un équilibre entre ces deux tendances dans des sociétés où la revendication de ses droits peut prendre le dessus sur les devoirs envers la collectivité.

Si les liens sociaux participent à l’édification d’un sentiment d’appartenance à un groupe ou une société, ils peuvent également provoquer des antagonismes qui naissent de la confrontation des intérêts de ces agrégats humains et être un facteur de désintégration sociale.

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