Ecologie

Ecologie

Définition

L’écologie étudie les différents milieux naturels où vivent les êtres vivants et les interactions de ces êtres et leur milieu.

Cet ensemble, qui contient les êtres vivants, leur milieu de vie et les relations qu’ils entretiennent, forme ce qu’on appelle un écosystème. L’écologie fait partie intégrante de la discipline plus vaste qu’est la science de l’environnement qui vise à mieux connaître les différents rapports entre les individus d’une espèce, l’activité organisée de cette espèce et l’environnement de cette activité. L’environnement est ici compris à la fois comme le produit et la condition de cette activité, et donc de la survie de l’espèce.

Objectif

L’écologie moderne est née d’une prise de conscience des effets négatifs de l’activité de l’homme sur son environnement (pollution, épuisement des ressources naturelles, disparition d’espèces vivantes, réchauffement de la planète, désertification, déforestation, …).

L’écologie s’est ainsi donnée pour mission de rappeler que l’espèce humaine fait partie intégrante de son écosystème, et que son activité doit se développer en harmonie avec la nature dans les limites de sa capacité de régénération et d’absorption des effets de son activité.

Cela implique un autre rapport à la nature qui ne saurait être considérée comme un simple objet, une ressource à dominer et à s’approprier.

L’écologie a donc pour objectif de rechercher à tous les niveaux de la vie quotidienne des solutions qui permettent la survie non seulement des êtres humains mais de l’ensemble du monde vivant intimement dépendant de l’équilibre entre leurs modes de vie et leur écosystème.

Principes

Depuis la révolution industrielle, la croissance économique a permis l’amélioration des conditions de vie, mais a généré dans le même temps un besoin toujours plus grand d’énergie. Or, plus de 80% de l’énergie actuellement consommée au niveau mondial provient de ressources fossiles. L’extraction de ces ressources et leur consommation a eu pour effet de rejeter dans l’atmosphère une quantité de plus en plus grande de dioxide de carbone qui détériore dangereusement notre environnement. S’ajoute à cela le fait que d’ici 50 à 100 ans, l’ensemble des ressources fossiles connues seront en grande partie épuisée. Et, notre empreinte écologique qui représente la surface de la terre dont nous avons besoin pour produire ce que nous consommons et absorber ce que nous jetons, est largement dépassée.

Face à ce constat et à la raréfaction des ressources non renouvelables, une série de solutions se sont imposées en vue d’assurer une transition énergétique qui s’appuie davantage sur les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité, biomasse). Ces dernières ne représentent actuellement qu’un pourcentage limité de la production totale de l’énergie nécessaire et ne pourront pas avant longtemps remplacer le système actuel à dominance non renouvelable.

C’est pourquoi il est apparu indispensable de mettre en place d’urgence une politique de transition énergétique suivant quatre grandes priorités :

  • Accroître la part des énergies renouvelables
  • Accélérer la rénovation thermique des bâtiments
  • Démultiplier la mobilité propre
  • Intensifier l’économie circulaire

Ces priorités sont accompagnées d’une série de mesures visant à réorienter les activités humaines vers une plus grande sobriété énergétique, sachant que toute activité humaine a un impact environnemental. Il n’y a pas d’énergie renouvelable totalement « verte », de produit sans carbone ou de transport « zéro émission ».

L’exigence de sobriété énergétique qui en découle comprend ainsi un ensemble d’actions visant à faire décroître, voire à faire disparaître des usages et des besoins en énergie fortement consommatrices de ressources fossiles.

Fonctionnement général

Développement durable

Toute production quelle qu’elle soit veille en priorité à générer un minimum de pollution et de déchets et vise à abaisser drastiquement la consommation de matières premières non renouvelables. Etant entendu que le recyclage a ses limites (à chaque cycle de consommation on perd une partie des ressources et on génère des déchets), tout producteur s’assure aussi que la durée de vie de tout ce qu’il produit soit la plus longue possible.

C’est pourquoi tous les produits sont conçus et fabriqués pour être le plus possible économes en ressources (et notamment en ressources rares), non polluants, durables, robustes, facilement réparables ou réutilisables, et plus faciles à recycler en fin de vie.

La standardisation des pièces est ainsi généralisée. De même celle des objets usuels tels les bouteilles fabriquées en trois ou quatre formats différents utilisées pour toutes les boissons : l’eau, le lait, l’huile, le vin, la bière, les jus de fruits, etc. Des consignes se retrouvent partout ainsi que des centres de nettoyage et d’embouteillage favorisant la réutilisation des bouteilles.

L’artisanat est omniprésent, valorisé et orienté avant tout vers la réparation plutôt que la création sur mesure.

De nombreuses manufactures de petite et moyenne taille se sont réimplantées sur le territoire et proposent vêtements, chaussures, vaisselle, petit outillage, quincaillerie qui ne demandent pas de gros investissement ou trop de machinerie lourde et sophistiquée pour leur fabrication.

Toutes les boutiques assurent aussi la réparation de ce qu’ils vendent. En dehors des achats, les locations sont possibles dans tous les magasins. Dans ce même esprit, les emprunts entre ménages et groupes de personnes sont partout institués, partant de l’idée que c’est la valeur d’usage des objets qui prime sur leur possession.

C’est dans cette perspective que des petites éoliennes se sont généralisées dans les communes rurales, et, même si elles fournissent moins de puissance elles ont par contre l’avantage d’être fabriquées dans des matériaux simples qui font appel à une technique robuste et basique facilitant leur entretien et leur réparation sur place.

L’habitat

L’habitat, tant rural qu’urbain, a fait l’objet de travaux importants d’isolation afin d’économiser un maximum d’énergie en chauffant et climatisant moins. Il y a peu de grandes centrales de production d’énergie mais beaucoup de petits producteurs locaux. Les systèmes de chauffage ont été remplacés par des modèles telles que les pompes à chaleur et la géothermie peu énergivores et peu producteurs de gaz à effet de serre.  Des réseaux de chauffage en circuit fermé sont systématiquement installés dans toutes les implantations de nouveaux quartiers de logements sociaux et de centres administratifs.

Chaque maison ou immeuble a aménagé des systèmes de récupération des eaux de pluies avec filtrage minimal et injection dans le circuit d’eau courante.

L’architecture intérieure des maisons s’est profondément modifiée en fonction de l’évolution des besoins. Les grandes maisons où on vit seul ou en couple sont l’exception. On habite et on vit dans des espaces intérieurs plus réduits, fonctionnels et modulables.

L’habitat groupé s’est fortement répandu sous diverses formes : cohabitation, colocation, habitat groupé intergénérationnel, etc. Ce sont des lieux de vie où habitent des personnes ou des familles qui ont décidé de mettre en commun leurs ressources pour concevoir, réaliser et financer ensemble leur logement où l’on retrouve à la fois des espaces privatifs et des espaces collectifs (jardins, buanderies, espaces de rencontre, de jeux).

De nombreux bâtiments publics sont ouverts au public en dehors des heures normales de fonctionnement, surtout le week-end et durant les vacances. Ces bâtiments sont aménagés pour offrir des espaces conviviaux aux citoyens et des attractions y sont développées (ex. rencontres citoyennes, échanges ludiques éducatifs, sportifs, Internet, etc.).

Dans la ville comme à la campagne on rencontre presque partout des panneaux solaires et de petites éoliennes. Ces dernières servent principalement à alimenter le petit éclairage privé et urbain.


Difficultés/tensions

Le fort développement des habitats partagés a induit un certain repli sur sa communauté surtout dans celles qui connaissent un certain confort et une identité culturelle plus marquée.

A contrario, des tensions internes surgissent du fait des différences culturelles et sociales qui se cristalisent avec le temps.

Par ailleurs, la vie en promiscuité n’est pas l’apanage de tous, et peut à la longue créer de fortes tensions surtout pour ceux qui ne l’avaient encore jamais expérimentée auparavant.

Enfin, l’inévitable « passager clandestin », celui qui ne participe à rien, met souvent en péril la cohabitation en profitant des avantages de la vie en groupe sans y avoir investi autant d’efforts que les membres du groupe, ou sans acquitter sa juste quote-part ou les droits d’usage prévus.

L’aménagement du territoire

Dans le cadre général de la préservation de l’environnement, cinq enjeux importants ont été considérés dans le domaine de l’aménagement du territoire :

  • Arrêter l’artificialisation et le morcellement des territoires.
  • Inverser la tendance qui persiste encore à l’urbanisation et à la concentration.
  • Réduire la quantité d’énergie consommée par le parc immobilier existant.
  • Végétaliser l’espace public et privé.
  • Développer l’agriculture urbaine et périurbaine.

L’artificialisation à grande échelle a été partout arrêtée, voire réduite : routes et autoroutes, aéroports, tunnels, canaux, viaducs, ponts et nouvelles infrastructures portuaires. De même pour le bâti résidentiel et non résidentiel. Tout a été fait pour ne plus bétonner ou bitumer afin de préserver et réhabiliter les habitats naturels et agricoles. Partout où il a fallu faire de nouvelles implantations, il a été décidé de faire prioritairement avec l’existant : réutilisation et réhabilitation pour le résidentiel ; et pour le non résidentiel : récupération des sites existants ainsi que les friches industrielles ou commerciales abandonnées.

On a aussi assisté à une renaissance et une redynamisation des villages et des bourgs à une échelle qui a permis un ancrage dans le territoire, des besoins de transport réduits, et une vie sociale suffisamment riche.

La vie à la campagne se justifie avant tout pour des raisons professionnelles (ex: l’agriculteur qui habite à côté de sa ferme, l’artiste sculpteur qui vit à côté de son atelier, le travailleur qui participe à la gestion d’un parc énergétique vert).

L’habitat en zone rurale se concentre dans les centres des villages et les habitants travaillent in situ ou à proximité. Ce regroupement permet d’organiser des réseaux de tous ordres, de coordonner les transports, de mieux gérer la fourniture d’eau et d’énergie.

Là où la majorité de la population vit en zone urbaine, la situation générale en matière d’aménagement territoriale est la suivante :

  • La ville est polycentrique : toutes les fonctions de base (commerce, école, travail, détente, espaces vert, administrations publiques) sont facilement accessibles à pied.
  • Une agriculture urbaine est intégrée dans chaque espace libre : jardins maraîchers, toits plats, façades d’immeuble, trottoirs avec arbres fruitiers, bacs à légumes, etc.

De façon plus spécifique, chaque ménage possède un compost là où l’espace nécessaire le permet. A défaut un compost de quartier est mis à disposition.

Ceux qui bénéficient d’un espace approprié, gèrent aussi un jardin potager et/ou un poulailler. Pour les autres, des jardins potagers et des poulaillers sont disponibles dans l’espace public et gérés par un collectif de citoyens sous le contrôle et avec l’appui du Comité de quartier. Les maisons sont la plupart végétalisées au niveau des façades, des terrasses et des toits plats.

L’espace public extérieur est très largement investi par la population. On s’y croise, on discute. Les bancs publics se sont multipliés partout qui favorisent la convivialité. Les liens sociaux se sont renforcés sous des formes nouvelles propres à la ville. Sans doute moins prégnantes que les modèles ruraux qu’on tente parfois de projeter sur les rapports entre citadins.

Les espaces verts (arbres, plantes, fleurs, parcs, plaines de jeux) se retrouvent dans tous les quartiers ainsi que les points d’eau (rivières, étangs, fontaines, …), sans oublier les toilettes sèches publiques en nombre suffisant et faciles d’accès, y compris par les personnes en fauteuil roulant. Ces toilettes sont ouvertes 24h/24, sont conçues avec des matériaux recyclables, utilisent de l’eau de pluie et produisent de l’engrais naturel mis à disposition des riverains.

Le revêtement des voies publiques est souvent perméable et/ou producteur d’énergie solaire. Les rues sont végétalisées dans leur grande majorité avec partout des sentiers cyclables aménagés.

Difficultés/tensions

L’adaptation à ce nouveau mode de vie demande un investissement constant pour éviter certaines déconvenues (ex: compost mal géré, fruits et légumes volés, récoltes ne répondant pas aux attentes du fait de la mauvaise gestion).

Des personnes plus âgées ou handicapées ont parfois le sentiment de vivre avec cette vie plus communautaire une époque plus fatigante et tumultueuse, et développent une certaine nostalgie du passé. De même, les personnes moins à l’aise dans la vie en société accumulent de grandes frustrations en idéalisant le monde d’avant où, à travers un consumérisme de bon aloi, tout paraissait possible et accessible à chacun sans devoir tenir compte des autres et des impacts environnementaux.

L’alimentation

Les politiques de soutien au secteur alimentaire visent à permettre à un territoire de subvenir au mieux aux besoins alimentaires de ses habitants.

L’objectif est d’offrir une nourriture diversifiée et de qualité à l’ensemble de la population. Il est entendu que la norme de production se construit autour d’une agriculture à taille humaine et intensive en main d’œuvre nécessitant peu ou pas d’énergie fossile pour son fonctionnement. Les systèmes culturaux sont basés sur les principes de l’agro écologie et dans une perspective de souveraineté alimentaire. La nourriture produite est de qualité et peu ou pas transformée afin d’éviter les impacts en termes de santé publique des produits ultra-transformés et/ou remplis d’additifs alimentaires. Il est partout conseillé de tendre vers des régimes principalement végétariens à l’âge adulte et de respecter les besoins nutritionnels de chacun en adaptant les régimes en fonction de l’âge et des besoins spécifiques.

Il a été jugé nécessaire de revenir au maximum aux circuits courts, à la consommation de produits locaux via des commerces et des marchés de proximité. Ces derniers ont un intérêt particulier de n’occuper les espaces qui lui sont affectés qu’une petite partie de la journée, le reste du temps la même place étant laissée libre aux déambulations, à des jeux, des parties de pétanque, voire aussi à l’organisation d’événements culturels tels qu’un bal ou un concert de musique.

En plus des cultures urbaines dans les jardins, sur les toits, les façades, les potagers collectifs et autres, un système agricole s’est développé autour des grandes zones urbaines sous la forme de fermes entourées de parcelles plus petites, avec une production fondée sur la polyculture. Ce qui a permis de créer des réseaux de GASAP (Groupes d’achat solidaires de l’agriculture paysanne) dans les grandes villes en vue d’assurer un revenu garanti aux producteurs locaux. Ces GASAP qui se sont partout multipliés, représentent une nouvelle forme de vente sans intermédiaire qui permet un lien direct et solidaire avec des fermes locales de taille réduite et largement démécanisées. On y applique le plus souvent le maraîchage biologique intensif où la récolte à la main permet de réduire l’espace de culture, ou faire pousser plusieurs légumes ensemble. Et cela en combinant les arbres fruitiers avec la culture de légumes ou du petit élevage où les poules mangent sous les arbres fruitiers les chenilles et réduisent en même temps les besoins de traitements artificiels.

Des halles alimentaires se sont également développées un peu partout. Ces halles sont fournies le plus souvent par le biais de livraisons de vélos cargo à partir des lieux de stockage qui se situent en pourtour des villes. Il en existe au moins une à chaque point cardinal. Les halles alimentaires sont pratiquement toutes organisées en coopératives de consommateurs et producteurs, voire également d’usagers.

Une multitude de petits traiteurs ont remplacé la restauration rapide et standardisée et offrent des repas de bonne qualité nutritive, préparés et transformés sur place. Les restaurants et cantines assurent également les besoins en repas de qualité intégrant au mieux les produits saisonniers tout en suivant une politique de réduction du nombre de plats proposés.

Difficultés/tensions

Nombre de personnes ont du mal à s’habituer aux nouveaux modes d’alimentation et gardent une certaine nostalgie des supermarchés et de la restauration rapide à petit prix dont le but était de faire gagner du temps au client en lui permettant de consommer rapidement les plats commandés ou de les emporter. Une nourriture pourtant jugée néfaste sur le plan de la santé et d’une faible valeur nutritive en raison de sa haute teneur en énergie (calories vides, graisses et sucre) et composée de nombreux additifs chimiques.

Malgré les campagnes de sensibilisation et de promotion pour une alimentaire plus saine et équilibrée, la frustration reste encore grande face aux modes alimentaires actuelles perçue trop souvent comme étant trop frugales et n’offrant plus les variétés et les mêmes plaisirs de la table que par le passé.

La mobilité

La mobilité dans nos régions densément peuplées part du constat que la majorité des déplacements se font sur de courtes distances, et qu’une grande partie de l’activité économique a rapproché les producteurs des lieux de consommation. Ce qui a induit les choix des moyens de locomotion prioritaires que sont la marche, le vélo (électrique ou non) et la motocyclette. Pour les trajets les plus longs, les transports en commun (trains, bus, voitures partagées) sont privilégiés et fortement encouragés.

Par ailleurs, de nouvelles pratiques ont généré une diminution des déplacements telles que :

  • Les vidéoconférences pour les réunions professionnelles à longue distance.
  • Le télétravail généralisé dans les secteurs d’activité qui s’y prête.
  • Le crédit voyage annuel pour les loisirs, calculé en fonction du niveau de consommation énergétique et de pollution induit. 
  • La réglementation plus stricte de l’utilisation des transports aériens de moyens et longs courriers en fonction de leur nécessité et au regard des autres moyens de transport moins énergivores et polluants.

La mobilité dans la ville s’est fortement transformée et a pris des formes plus douces et collectives :

  • Beaucoup de rues sont sans voiture ou véhicule motorisé rapide, et ne sont donc parcourues que par des piétons et des cyclistes. Des vélos individuels, des vélos électriques et des vélos cargo sont partout disponibles. Sur certains axes plus importants, ce sont les transports en commun qui dominent. Les bus et les trams roulent sur des voies dédiées, aussi vite qu’un métro mais pour un coût nettement inférieur. Les lignes sont desservies avec une fréquence élevée, tant en soirée que durant les weekends. Un service est assuré toute la nuit avec une moindre fréquence.
  • Les trams/métros offrent tous la possibilité d’y prendre une collation et/ou des repas : petit déjeuner, dîner et même souper en fonction de la durée des trajets, ce qui favorise les échanges et la convivialité.
  • Pratiquement toutes les automobiles sont des voitures partagées disponibles dans des parkings publics répartis dans la ville à moins de 15 minutes de marche. Des taxis individuels ou collectifs sont également accessibles. On peut les appeler à partir de son téléphone mobile ou d’un téléphone fixe disposé dans les endroits publics tels que les cafés, banques, grands magasins, etc.
  • Les voitures particulières sont peu nombreuses du fait de leur coût élevé et de leur peu d’utilité au vu du nombre limité d’axes routiers urbains qu’elles peuvent emprunter. Seules certaines professions telles que celles de médecins et les services d’intervention d’urgence bénéficient d’une plus large mobilité dans la ville.

Quant à la mobilité interurbaine par le train, outre les conditions optimales de confort et de sécurité, elle offre également l’opportunité de profiter d’espaces réservés à des activités spécifiques favorisant la convivialité en fonction de la durée du trajet effectué : jeux de société, cafés philo ou littéraire, ateliers de petites réparations, etc. Pour ceux qui souhaite plutôt s’isoler, des wagons sont aménagés pour du télétravail, de la lecture, voire de la relaxation ou encore de la méditation.

Difficultés/tensions

Dans le domaine des déplacements de longues distances que ce soit en voiture ou en avion, le constat a été fait que les technologies numériques n’ont pas entraînées la diminution globale des ressources escomptées. Tous les gains obtenus grâce à des composants d’ordinateurs et des batteries plus efficaces ont été entièrement absorbés par des programmes et applications très énergivores et des habitudes de consommation via le net requérant de plus en plus de données. Ce qui a notamment entraîné une diminution notoire de l’utilisation des véhicules électriques et des moyens investis dans le développement des transports autonomes.

Convaincre les utilisateurs de véhicules électriques (bus, camions, voitures, vélos, trottinettes) que ces moyens de locomotion sont loin d’être propres, reste un vrai défi. Le mythe reste tenace de croire qu’ils sont non polluants car inodores et sans rejets à l’utilisation. Or, pour alimenter ces outils et véhicules issus de l’économie numérique, il faut produire de l’électricité, et seule l’électricité d’origine renouvelable pourrait être qualifiée de propre. Ce qui n’est pas le cas puisque l’électricité continue à être en grande partie d’origine fossile ou nucléaire et induit donc d’inévitables émissions de polluants, de CO2, de déchets de métaux rares et de résidus nucléaires.

Le numérique

Les produits issus des technologies de l’information et de la communication n’ont pas pu s’inscrire pleinement dans la perspective d’être simples, robustes et au maximum recyclables.

Avec l’essor des outils du numérique qui englobent à la fois l’informatique, les télécommunications et l’internet, ce n’est pas à une dématérialisation qu’on a assisté, mais bien à un accroissement de l’utilisation d’énergie et de matières premières non renouvelables.

Le numérique n’a pas entraîné la diminution globale escomptée des ressources utilisées comme dans le reste de l’économie. On a plutôt assisté à des effets rebonds : les améliorations obtenues n’ont fait qu’augmenter l’usage d’objets connectés requérant un maximum de données informatiques. C’est pourquoi l’ensemble des fournisseurs de contenus numériques ont été contraints de diminuer considérablement leur offre de services à tous les niveaux.

De plus, il a été clairement démontré que fabriquer ces produits de haute technologie et l’infrastructure qui les accompagne générera toujours des déchets en grande partie ingérables. L’économie du numérique n’a rien de virtuel. Elle s’appuie sur des objets bien matériels. L’ensemble des équipements et des infrastructures nécessaires au fonctionnement du système (serveurs de consultation de banques de données, bornes de wifi, antennes-relais, équipements de transmission, milliers de câbles, de satellites, centres de données pour le stockage, etc.) ont un impact environnemental majeur à tous les stades de leur cycle de vie, et ne peuvent donc être encouragés dans leur développement.

Difficultés/tensions

Aucune solution satisfaisante n’a été trouvée pour rendre soutenable les technologies du numérique, que ce soit au niveau de la production, de la consommation énergétique, du recyclage ou de la mise au rebut.

La perspective de l’abandon de la grande majorité des outils numériques continue à provoquer de fortes résistances liées à la question très sensible de la réduction des besoins et de la consommation en général. Or, pour produire plus d’objets on aura toujours besoin de plus de matières premières et d’énergie, ce qui aura inévitablement un impact plus grand sur l’environnement et les risques de pénurie, que l’on soit dans une économie fondée pour l’essentiel sur les énergies renouvelables ou non.

Il n’existe pas de biens ni de services plus écologiques, économes en ressources et recyclables que ceux que l’on n’utilise pas. Car la question n’est plus de savoir comment remplir tel ou tel besoin de manière la plus écologique, mais bien plutôt de savoir si on peut vivre aussi bien, sous certaines conditions, sans ce besoin. Ensuite seulement, si le besoin ne peut être supprimé sans régression intolérable, on chercherait alors à y répondre avec le moins de ressources possibles.

Ainsi, au final, il s’agit donc bien d’aller rechercher systématiquement les économies à la source, car le seul choix écologiquement et socialement soutenable est d’acquérir le réflexe de la sobriété tant au niveau de la production que de la consommation des biens et services qui nous sont nécessaires.

*          *          *